Ce que le sport de haut niveau peut apprendre aux dirigeants d’entreprise

Coach professionnel – Consultante RH – Formatrice spécialisée en intelligence émotionnelle et accompagnement des leaders
Par Céline Jimenez

Le sport de haut niveau fascine, fait fantasmer, rêver, inspire …

On y voit de la performance, de l’engagement, du dépassement de soi, les médailles …

Mais ce que l’on voit moins, c’est tout le travail qu’il y a derrière, les doutes, les pleurs, les douleurs, le staff qui oeuvre dans l’ombre au service d’un projet sportif … Et c’est ce qui fait réellement la différence au plus haut niveau.

Car ce n’est pas seulement le talent qui joue.

C’est la capacité à tenir dans la durée sous pression et tout le soutien dont il bénéficie qui se conjuguent.

Et sur ce point, le parallèle avec les dirigeants d’entreprise est frappant.

La performance ne repose pas que sur la compétence

Dans le sport de haut niveau, tous les athlètes sont compétents, avec quelques différences, oui !

Ils sont préparés, entraînés, expérimentés. Pourtant, tous ne performent pas au même niveau.

Pourquoi ?

Parce qu’à un certain niveau, la différence ne se fait plus sur la technique. Elle se fait sur le mental, le “mindset” :

Chez les dirigeants, c’est exactement la même réalité.

La pression fait partie du jeu

Un athlète ne cherche pas à supprimer la pression. Il apprend à jouer avec, à la doser, la réguler, l’apprivoiser

Compétition.
Public.
Enjeux.
Résultats.

La pression est constante, le regard est là… Mais elle est intégrée comme une composante normale de la performance.

Dans l’entreprise, la pression est souvent vécue différemment, comme le symptôme d’un dysfonctionnement important. Elle est subie. Résultats :

Donc la question n’est pas : Comment supprimer la pression ?

Mais : Comment apprendre à la réguler ?

Le rôle clé du système nerveux dans la performance

En sport de haut niveau, on sait aujourd’hui que la performance dépend fortement de la capacité à réguler son système nerveux.

Sous pression, le cerveau peut basculer en mode survie :

  • lutte (fight)
  • fuite (flight)
  • sidération (freeze)

Dans ces états, la lucidité diminue, les gestes deviennent moins précis, les décisions moins justes.

Chez les dirigeants, c’est la même mécanique. Un conflit évité, une décision repoussée ou une réaction excessive ne sont pas toujours des problèmes de compétence.

Ce sont souvent des réactions physiologiques à la pression.

Les meilleurs ne sont pas les plus forts, mais les plus robustes

On pourrait penser que les meilleurs sont les plus résistants.

En réalité, ce sont les plus robustes.

La robustesse, ce n’est pas :

C’est la capacité à :

C’est exactement ce qui distingue les grands athlètes.

Et c’est ce qui distingue aussi les leaders durables.

La récupération : un levier sous-estimé chez les dirigeants

Un athlète de haut niveau ne s’entraîne pas en continu.

Il alterne :

Parce que sans récupération, il n’y a pas de performance durable.

Chez les dirigeants, cette logique est souvent absente, méconnue … Les sollicitations sont permanentes, récupérer ?? pourquoi faire ? “pas le temps …” et pourtant… Les temps de recul sont rares et les temps de repos sont stratégiques.

La récupération mentale est essentielle pour :

De la performance à la performance durable

Le sport de haut niveau a intégré une réalité essentielle : La performance ne se joue pas seulement à court terme. Elle se construit dans la durée.
Cela suppose :

Dans l’entreprise, cette approche devient de plus en plus nécessaire. Les dirigeants ne doivent pas seulement performer. Ils doivent durer dans la performance.

Conclusion

Le sport de haut niveau nous enseigne une chose essentielle :

La performance durable ne repose pas uniquement sur les compétences.

Elle repose sur la capacité à réguler la pression, maintenir sa lucidité et préserver son énergie dans le temps. Autrement dit cela s’appelle “la robustesse du leader

Céline Jimenez
Epoïa – Leadership robuste & performance durable